Affichage des articles dont le libellé est Personnage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Personnage. Afficher tous les articles

vendredi 6 février 2009

Simon Abkarian



Simon Abkarian est une personne que j'aime beaucoup.

(Pour ceux qui ne le connaissent pas je mets une petite biographie à la fin de ce billet).

Je ne connaissais pas son travail avant de le rencontrer en 2004. Ensuite regarder les films de quelqu'un que l'on connait et que l'on aime n'est pas une chose facile, car on ne peut s'empecher de voir la vraie personne derrière le personnage qu'il interprête. Du coup je ne suis pas très objective, mais les critiques de son travail d'acteur, d'auteur et de metteur en scène sont très bonnes.


Je tiens à parler de lui sur mon blog car c'est quelqu'un qui me fascine, il dégage tel charisme! C'est quelqu'un de complexe qui a en lui une richesse, une force, une profondeur incroyable, une grande classe aussi et une extrême douceur. De part son histoire, ses voyages et ses rencontres, il a déjà plusieurs vies derrière lui.
C'est un artiste engagé qui me touche beaucoup. C'est surtout un auteur magnifique (le texte de sa dernière pièce Pénélope ô Pénélope est un vrai poème).

J'aime bien ces 3 vidéos, ça lui ressemble bien:









Tournage du film Khamsha


Comédien et metteur en scène, Simon Abkarian a constitué un noyau d'acteurs avec lequel il travaille dans un esprit de recherche et de création. Avec eux, il présente en 1998 Peines d'amour perdues de Shakespeare, en 2000 L’Ultime Chant de Troie d'après Euripide, Eschyle, Sénèque et Parouïr Sevak et Titus Andronicus de Shakespeare en 2003. Ancien membre du Théâtre du Soleil dirigé par Ariane Mnouchkine, il travaille par la suite avec Irina Brook dans Une bête sur la lune (Molière du meilleur comédien 2001) de Richard Kalinoski et avec Silviu Purcarete, Paul Golub, Simon McBurney...
Au cinéma il travaille avec Cédric Klapisch, Marie Vermillard, Michel Deville, Atom Egoyan, Jonathan Demme ou Sally Potter et plus récemment avec Robert Guédigian, Le Voyage en Arménie, Martin Campbell, Casino Royal, Eric Barbier, Le Serpent, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, Persépolis. En 2004 et 2005, il dirige une classe d'improvisation au Conservatoire National d'Art Dramatique.

jeudi 22 janvier 2009

WM

Par où commencer...

et bien par la personne, où plutot l'auteur et le metteur en scène qui m'a le plus touché.

La première fois que j'ai rencontré Wajdi, il venait au bureau pour partager un petit déjeuner. Je me chargeais d'amener les croissants le matin même. J'avais hâte, tellement hâte de rencontrer celui dont l'oeuvre m'avait tant touché un an auparavant.
En effet, Forêts reste en moi depuis que je l'ai vu, ce soir de novembre 2006, un véritable choc, l'impression de vivre quelque chose de remarquable, de participer à un moment magique; c'est ce que j'aime dans le théâtre, l'idée que nous participons à une représentation unique et que seuls les gens présents ce soir là le partagent avec nous. Dès les premières minutes je sais que je suis face à quelque chose d'exceptionnel; de très haute qualité dans l'absolu, mais en tout cas exceptionnel pour moi, dans ma "relation" à l'art.

Cette musique, ces teintes de bleu, de vert, de rouge, cette ambiance qui plane lorsque sortent d'une fumée épaisse des hommes avec des masques à gaz, cette histoire sous fond de Chute du mur de Berlin, ces prénoms: Loup, Aimée, Lucien... cet univers me touche.



En 2007, j'ai accompagné en tournée la troupe d'Incendies, une autre pièce de Wajdi. Je ne l'avais pas encore vu et je ne pensais pas qu'elle puisse me plaire encore plus que Forets.


Chaque soir j'ai voulu être présente dans la salle pour la voir de nouveau, je connais certains passages par coeur. C'est comme le film Mulholland Drive, on peut le voir une dizaine de fois (ce qui est mon cas!) et à chaque fois découvrir quelque chose de nouveau: un détail, une phrase, une blague, une partie du décor que l'on avait pas aperçu plus tôt. La pièce est comme une enquète policière. On nous donne des indices, on nous mène sur de fausses routes et la fin nous révèle l'inimaginable.

Ses pièces, dans leur fond et leur forme, représentent pour moi ce que l'art a de meilleur.
Forêts, Incendies et Littoral parlent de sujets universels, majeurs: pourquoi sommes nous là? d'où venons nous? il traite aussi des relations maternelles, amoureuses, fraternelles. Ses pièces, par leur sujet, peuvent donc toucher tout le monde. Surtout qu'ils les placent dans une réalité historique (guerre du Liban, guerre 14-18), mais toujours en lien avec le présent.

Ce sont des pièces d'Auteur, comme on pourrait parler de "film d'auteur". L'histoire prime. Mais avec Wajdi, si la forme sert l'histoire, elle n'est pas pour autant négligée, elle est toute aussi importante et est même indispensable. C'est la forme qui donne du corps au texte, qui donne une légereté soudaine dans un moment de l'histoire presque insoutenable en passant de manière géniale d'une époque à l'autre, d'une lumière à l'autre, d'une musique à l'autre.

Wajdi enlève de ses pièces tout ce qui est anecdotique. Même si c'est beau et utile pour la compréhension des spectateurs, tout ce qui n'est pas indispensable pour l'histoire est retiré. Je pense qu'il part du principe que le spectateur est intelligent et qu'il n'a pas besoin, comme toujours dans notre société, d'être traité comme un débile et qu'on lui explique tout. Un phrase d'un personnage, un élément du décor, bref un élément de la mise en scène feront l'affaire.

C'est sobre et beau. Tout est signifié, rien est explicité. Il y a de la finesse dans l'air!

Rendez vous à Avignon cet été!!